Saveurs thaïlandaises

Art de vivre en Thaïlande

      Au pays du sourire, pétrie d'influences indiennes et chinoises, la gastronomie thaïlandaise rime avec harmonie, délicatesse et raffinement. Du petit-déjeuner au dîner, en passant par les en-cas qui ponctuent les différents moments de la journée, manger ou grignoter reste en Thaïlande un souci de tous les instants. On réserve même une part à Boudha !!
       De ce fait, certains osent affirmer que la Thaïlande doit être considérée comme étant à la source de toutes les gastronomies d'Asie et du monde, car non seulement elle possède une terre tellement fertile et approprié à la culture que tous les genres de plantes, de légumes, d'arbres et d’arbres fruitiers y croissent en abondance, mais elle est également bordée de mers et océans regorgeant de poissons et crustacés. Et ce tout au long de l’année. Le peuple thaïlandais a de tout temps pu disposer de poissons, de fruits de mer, de fruits et légumes disponibles pour leur consommation. Le surplus étant exporté outre-mer. 
       Les ancêtres des Thaïs savaient déjà adapter et cuisiner leur nourriture en confectionnant plus de 5.000 plats différents. Autrefois, la cuisine thaïlandaise était composée de deux type de mets distincts : la cuisine royale et la cuisine de la rue. Aujourd’hui, la cuisine royale n’est plus l’apanage de la famille royale thaïlandaise et de ses dignitaires, mais accessible à tout le peuple thaï. On pourrait dire que les thaïlandais vivent pour manger tant ils multiplient les repas et tant ils prennent un évident plaisir à les déguster.
       Actuellement, la nourriture thaïlandaise est reconnue comme l’une des plus savoureuse et raffinée au monde. Les saveurs, les parfums, les couleurs et les extraordinaires décorations de fruits et légumes suffisent pour en être convaincu.

 

Introduction à la cuisine thaïlandaise

 

Aucune cuisine du monde n'a jamais suscité l'engouement dont fait actuellement l'objet celle de la Thaïlande. Découverte il y a vingt ans en Europe et dans la majeure partie des Etats-Unis, elle demeurait auparavant totalement méconnue. En quelques années seulement, elle est sortie de son anonymat pour revendiquer sa place parmi les cuisines exotiques les plus prisées des Occidentaux. Davantage encore que la prolifération soudaine des restaurants, c'est la diffusion de plus en plus large des ingrédients qui confère sa particularité à cette cuisine du Sud-Est asiatique. Au fil des jours -  dans les grandes villes du monde - on assiste à l'ouverture de boutiques de traiteurs et de supermarchés thaïs, dont les mieux approvisionnés vendent fruits et légumes frais en provenance de leur pays, Les cuisinières occidentales peuvent ainsi expérimenter les plats nationaux. Ces produits connaissant une demande croissante, ils figurent en plus grand nombre sur les rayons des boutiques en Occident. D'autre part, la concurrence qui sévit parmi les fabricants thaïlandais de denrées  alimentaires a pour conséquence un choix plus large pour le consommateur occidental. Ces deux ou trois dernières années, j'ai trouvé à Paris et à Toulouse des pâtes de curry meilleures que celles que je me procure habituellement à  Bangkok. Cette cuisine riche et variée s'inscrit dans la pure tradition culinaire du Sud-Est asiatique. A base de riz et de nouilles, elle privilégie le poisson et les légumes sur la viande, la viande blanche sur la viande rouge; elle accorde une place toute particulière aux épices et aux piments. C’est en effet par la subtilité de ses parfums que la cuisine thaïe nous séduit le plus souvent; c'est son utilisation judicieuse et éclectique des épices qui lui a valu sa renommée actuelle.

 

La grande diversité des plats contribue aussi largement à la renommée de la cuisine thaïe. Ces deux facteurs - épices et variété - ont une origine commune : l’emplacement du pays au cœur du Sud-Est asiatique. Située entre deux grands pays d'Asie, la Chine et l’Inde, la Thaïlande a largement puisé dans leurs répertoires culinaires. Toutefois, la spécificité de la Thaïlande ne se réduit pas à son assimilation de cuisines diverses : son peuple, sa vie - politique, culturelle, artistique - toutes les facettes de son identité sont imprégnées de cette capacité qui lui est propre d’intégrer les influences extérieures et de les fusionner en un ensemble unique. Situé à cheval sur le Sud-Est asiatique continental et maritime, le Siam - nom qui la désignait dans la première moitié du XXe siècle - n'a jamais eu le choix de l‘isolement. Pour survivre, le pays a dû, au fil des siècles, absorber les apports venus des contrées voisines. Néanmoins, se contenter de placer la Thaïlande sur une carte culinaire quelque part entre la Chine et l'Inde constituerait une simplification abusive. Les influences n'ont pas pénétré le pays directement, mais à travers les nations voisines : la Birmanie, le Laos, le Cambodge et la Malaisie ont marqué la Thaïlande de leurs empreintes à différentes périodes de son histoire. Durant ce processus, les Thaïlandais ont manifesté un réel talent à tirer le meilleur profit de ce qui leur était offert et à mêler ces apports avec une grande singularité. Certains ingrédients, si caractéristiques de la cuisine thaïe, ont pour origine des contrées beaucoup plus lointaines. Même si, après plusieurs repas, les piments peuvent paraitre spécifiques, ils proviennent d'Amérique Centrale et du Sud  (Soulignons que le poivre, phrik thai - littéralement « piment thaï » - a précédé les violents piments verts et rouges apportes par les négociants portugais du Nouveau Monde en Europe au XVIe siècle; il venait des Moluques). La cuisine thaïe aurait certainement été bien différente sans les piments, mais on ne peut que constater l'enthousiasme avec lequel ils furent intégrés à de si nombreux plats nationaux. Les Thaïlandais compensèrent rapidement cette arrivée assez tardive des piments. De nombreuses influences étrangères ont contribué à la diversité de la cuisine thaïe : saveurs indiennes acheminées par la Birmanie, plats musulmans en provenance de Malaisie, riz gluant ou saveurs rustiques et amères du Laos, fritures mijotées dans le Wok et spécialités de poisson à la vapeur importées par la population chinoise. Si cette richesse n'apparait pas d'emblée dans un restaurant traditionnel thaï en Occident, c'est que de nombreuses spécialités de choix ont été rayées de la carte, car considérées comme trop « provinciales » (précisons aussi que la direction des restaurants étant le plus souvent composée en partie de Thaïlandais et de Chinois, ces derniers ont tendance à privilégier leur cuisine). Pourtant en Thaïlande, un repas typique servi dans le Nord-Est, sur les rives du Mékong, face au Laos, se différencie nettement d'un autre préparé dans le Sud musulman, at proximité de la frontière avec la Malaisie.